l’Iliade,
un poème de la compassion ?
Au cours de la neuvième année de la guerre de Troie, « neuf années du grand Zeus ont passé, le bois de nos vaisseaux est pourri et les câbles lâchent, nos femmes et nos petits enfants restent dans nos maisons à nous attendre ; et nous, notre entreprise n’avance pas... 1», Homère, dans les quinze mille six cent quatre-vingt-treize vers à six pieds de l’Iliade, nous raconte les quelques jours où Achille, le plus valeureux des guerriers Atrides2, décide de ne plus combattre les troyens, quitte à ce que son geste, « sa grève de la guerre », ne fasse périr son propre camp. Achille est le personnage majeur de cette épopée qui aurait pu s’appeler « la colère d’Achille ». Fils du mortel Pelée et de la déesse Thétis, il est la personnification du guerrier redoutable et impitoyable, « (...) car tu as un cœur de fer dans l’âme3 », qui plus est, quasiment invincible. En effet, sa mère, pour le préserver d’un présage annonçant la mort de son fils, a voulu le tremper dans les eaux magiques du Styx quand il était bébé. Un tel bain lui a procuré une invincibilité sur tout son corps sauf au talon par lequel elle le tenait pour l’immerger. Ce héros au sens antique4 est selon l’expression de Jean Paul Vernant «... la conscience de ce qui fait de l’existence humaine, limitée, déchirée, divisée, un drame où la lumière et l’ombre, la joie et la douleur, la vie et la mort sont indissolublement mêlées5. »
Donc, à l’origine de sa colère, une querelle entre lui et Agamemnon6, le général en chef des
troupes atrides. Ce dernier à la suite d’une offense à Chrysès, prêtre du culte d’Apollon, s’est heurté à la désapprobation d’Achille qui lui reprochait son
attitude7. Finalement, Agamemnon se
soumettra à la raison et rendra la fille de Chrysès qu’il tenait pour butin. Cependant pour montrer sa puissance et son autorité il enlève Briséis, l’esclave préférée d’Achille. Ce dernier
offensé, humilié et vexé décide alors de se retirer des combats, « [Thétis interpelle son fils] mon enfant, pourquoi pleures-tu ? Quelle douleur est entrée dans ton âme ? Dis-la-moi tout entière, ne la cache pas en ton
esprit...8 ».
Une femme, Hélène de Sparte, a été à l’origine du déclenchement de la guerre de Troie (Hector s’adresse à son frère Pâris, « ... Tu as enlevé une femme charmante sur une terre éloignée la belle sœur du piquier virile (Agamemnon) pour le malheur de ton père (Priam), de la ville (Troie), de tout le peuple...9 ») une autre femme Briséis se retrouve au coeur d’un drame : le refus d’Achille de combattre. Il s’agit bien d’un drame pour les grecs car sans lui, ils ne peuvent plus gagner la guerre, Hector10 le meilleur guerrier troyen semble ainsi sur le point de conduire ses troupes à la victoire. Pourtant, de cette guerre qui, d’après un présage11 devait durer dix ans, les dieux avaient déjà choisi le vainqueur, «... je [Zeus] t’accorde la ruine de Troie de mon gré, mais malgré mon cœur12 » ; «... Zeus nous [les troyens] a fait une mauvaise destinée afin que plus tard nous soyons un sujet de poème pour les hommes à venir.13 » Rien ne pouvait empêcher la chute inéluctable de Troie, le sort était joué jusqu’au déclenchement de la colère d’Achille.
Il faut souligner à quel point les dieux interfèrent dans ce conflit, ils s’engagent pour l’un ou l’autre camp14 et vont jusqu’à manigancer entre eux pour favoriser leur favori.
Les dieux sont bel et bien partie prenante, à l’origine du déclenchement de la
guerre15, ce sont eux qui règlent
et accomplissent en dernier ressort le sort des hommes « ( ...) mais je
[Zeus] ne
déposerai pas ma colère et par aucun autre immortel je ne laisserai secourir les Danaens16, avant
que ne soit accompli le vœu du fils de Pelée (Achille) ainsi je l’ai promis d’abord et garanti par un signe de ma tête le jour où la déesse Thétis
(la mère d’Achille) a touché mes genoux en me priant d’honorer Achille 17». Ainsi, tant qu’Achille ne renoncera pas à sa colère et qu’il
se tiendra loin des combats, Zeus favorisera les troyens, leur accordant des victoires militaires. Mais il faut bien comprendre que ce soutien aux troyens n’est que ponctuel ou plutôt accidentel,
il est relatif à la colère d’Achille. La scène extraordinaire du chant XXII où Zeus a recours à sa balance des destins pour peser le sort entre Achille et Hector est éloquente, la balance aux
plateaux d’argent de Zeus penche bel et bien en faveur d’Achille, rien ne pourra empêcher Hector de périr dans son combat contre le fils de la déesse Thétis.
Devant la tournure de la guerre, de plus en plus favorable aux troyens, au point que les navires grecs se trouvent menacés, Agamemnon se repent et envoie une ambassade composée, notamment, d’Ulysse, d’Ajax et de Nestor, auprès d’Achille avec maints cadeaux pour lui demander de revenir sur sa décision.
Cependant la rancune d’Achille est tenace, il refuse toute réconciliation et renvoie l’ambassade et tous ses présents. L’attitude d’Achille, sans nuance, sans compromis renforce son image d’homme dur et impitoyable, sa colère seule dicte son comportement, la raison ne le guide plus, pas même son sens patriotique car il sait pertinemment qu’Hector et les troyens mettent à mal le camp grec. Il se sent au-dessus de la mêlée presque à l’égal d’un dieu.
Les combats continuent et la situation militaire ne s’améliore pas pour les grecs, eux qui étaient les assiégeants se retrouvent désormais assiégés. «... bientôt le fossé des Danaens n’allait pas arrêter leur ennemi (les troyens), ni le rempart au-dessus, large, qu’ils avaient fait pour défendre leurs vaisseaux et autour duquel ils avaient poussé le fossé18 ».
Craignant un possible désastre, Patrocle l’ami intime et fidèle d’Achille va lui demander de se parer de ses armes pour simuler aux troyens le retour du valeureux Achille sur les champs de bataille. «Permets-moi de couvrir mes épaules de tes armes, pour voir si, me prenant pour toi, ils [les troyens] rompront le combat19 .» Achille, bien qu’il lui rappelle combien il s’est senti humilié par Agamemnon et qu’il voulait garder son ressentiment, finit par consentir au vœu de Patrocle, devant la menace du danger, car les vaisseaux sont sur le point de tomber aux mains des troyens.
Achille cependant prend soin de prévenir Patrocle de ne pas mettre en péril sa vie, «... ne va pas sans moi désirer combattre les troyens belliqueux (...) ne va pas non plus, dans la joie de la guerre et du carnage, en tuant les troyens, conduire tes soldats vers Ilion (Troie). Retourne-toi, quand tu auras mis la lueur du salut sur les vaisseaux et laisse les autres se battre dans la plaine.20 » Achille se comporte envers Patrocle comme un père avec un fils aimé. Il veut que Patrocle se contente de « paraître », Achille l’avertit du danger, il le met en garde contre la fougue et l’empressement.
Achille en acceptant de donner ses armes et de prêter son « image » à Patrocle a donc quelque peu atténué ses sentiments. Sa colère commence à évoluer.
Patrocle, sous l’apparence d’Achille, se lance dans la bataille, l’effet semble efficace et enivré par la rage du combat et de la victoire, il oublie les consignes d’Achille et se jette dans la mêlée. En cela, Patrocle représente l’impétuosité de l’être humain dans sa volonté insatiable de dépasser ses propres limites, d’aller au-delà de ses contours, quitte à se brûler les ailes et à rester sourd aux sages conseils de prudence et de modération.Il n’en fallait pas plus à Hector pour le prendre pour cible et le tuer, après, il est vrai, qu’Apollon lui eut donné une claque dans le dos qui le mit à terre. Les heurts autour du cadavre de Patrocle sont brutaux, vifs et incessants. Il faut toute la hargne de Ménélas et la vigueur des deux Ajax pour ramener le corps de Patrocle dans le camp des grecs.
A présent il s’agit d’avertir Achille de la mort de son compagnon. Achille est bouleversé par la nouvelle «... et la douleur couvrit Achille d’un nuage noir. Des deux mains, prenant la poussière du foyer, il la versa sur sa tête et souilla son visage gracieux. 21». La colère d’Achille va alors changer de cible, elle sera entièrement dirigée vers Hector, et grâce à l’aide de sa mère et d’Ephaïstos il retrouve une armure et des armes à sa mesure, pour aller de nouveau combattre les troyens et surtout tuer Hector afin de venger la mort de son ami. Agamemnon rend à Achille la belle Briséis pour mettre un terme à leur conflit. Achille obtint ainsi gain de cause, cependant ses propres chevaux lui annoncent sa mort prochaine22.
Le destin des protagonistes se révèle à chacun d’eux, et pourtant loin de fuir leur sort ils l’affrontent avec courage et lucidité, ainsi réagit Hector au soir de sa vie, mortellement blessé par Achille, «Hélas, certainement les dieux m’ont appelé à la mort (...) C’est là sans doute depuis longtemps ce que préféraient Zeus et le fils de Zeus qui frappe au loin (...) Le sort m’atteint. Pourtant ne périssons point sans courage, ni sans gloire mais après quelque grand exploit qui passe même à la postérité.23 » Cette étrange maîtrise de soi devant la mort accentue la dimension héroïque des personnages, « (...) je [Achille] sais bien moi-même que mon destin est de périr ici 24», elle apparaît également comme le caractère le plus élevé de l’humain devant les volontés impénétrables des dieux. L’homme n’a pas la maîtrise de son existence, elle prend corps dans le dessein des divinités, et il ne faut pas oublier la considération que porte Zeus à l’humanité : «Car rien n’est plus lamentable que l’homme parmi tout ce qui sur terre respire et se traîne.25 » C’est pourquoi l’acceptation de son destin, de ses limites, de sa condition d’être souffrant et de mortel est seule capable d’offrir à l’homme un rachat, ainsi n’est-il jamais aussi grand que quand il doit affronter l’instant fatal.
Achille va donc assouvir sa vengeance en tuant Hector au combat et en humiliant son cadavre, « ... des deux pieds (...) il lui perça les tendons, du talon à la cheville, y attacha des courroies à son char, les lia et laissa traîner la tête, puis (...) il fouetta pour pousser les chevaux (...) sa tête entière dans la poussière gisait, elle avant si gracieuse26. »
La cruauté d’Achille paraît démesurée mais elle est à l’image de son attitude intransigeante, toute d’orgueil, la mort d’Hector ne lui suffit pas, il s’en prend également au corps du défunt portant une grave affliction aux parents d’Hector. La perte de son ami Patrocle lui avait pourtant provoqué le chagrin mais elle ne lui avait pas ouvert les voies de la compassion, bien au contraire, il se reconnaît à lui seul le droit de se venger et d’avoir de la peine. Priam, le père d’Hector est brisé par la mort de son fils et le comportement d’Achille mais il se donne le devoir d’intervenir, « je veux supplier cet homme fou d’orgueil, ce violent, pour voir s’il respectera mon âge et aura pitié de ma vieillesse27. » Sa tâche paraît vouée à l’échec tant Achille semble sourd à toute humanité et aveuglé par sa soif de vengeance, mais Priam veut croire à une possible inflexion de l’attitude d’Achille, en comptant sur le respect et la pitié, deux sentiments partagés normalement entre tous les êtres humains. C’est donc d’un combat sur le terrain des sentiments, du cœur et de l’âme qu’il est désormais question.
En attendant, Achille célèbre les funérailles de son ami d’enfance Patrocle, l’âme de ce dernier lui apparaît et lui demande de l’ensevelir en prévoyant pour eux deux un cercueil commun « (…) Ainsi que nos os, à nous deux, un même vase les renferme28 ». Patrocle lui rappelle, en effet, que lui aussi, Achille, doit mourir en terre troyenne. Achille consent à tous les sacrifices d’animaux et d’humains pour honorer Patrocle « ... douze nobles fils de Troyens magnanimes, avec toi, tous la flamme les dévore29 », quant au sort du cadavre d’Hector il le réserve pour les chiens « ... et Hector, je ne le te donnerai pas au feu, mais aux chiens30», sans l’intervention d’Aphrodite qui, jour et nuit, tient écarter des chiens la dépouille du fils de Priam, Achille aurait eu toute satisfaction dans son épouvantable cruauté. Son cœur semble donc plus dur que la pierre, rien ne lui fait peur pas même son irrémédiable sort, pleinement et consciemment accepté, « ces os [de Patrocle], dans un vase d’or, entre deux couches de graisse, mettons-les, jusqu’à ce que, moi-même je disparaisse chez Hadès31 ». Pourtant le comportement cruel d’Achille choque les dieux sauf Héra et Poséidon qui n’ont jamais pardonné à Pâris d’avoir causé du tort à des déesses «… eux [Héra et Poséidon] gardaient comme avant la haine d’Ilion la sainte, de Priam et de son peuple, à cause de l’égarement d’Alexandre [Pâris], qui fit injure à des déesses venues dans sa bergerie, et loua celle qui lui donna une lubricité funeste. 32 » Ce passage est particulièrement important car Homère nous rappelle ainsi le mythe de la pomme d’or (de Discorde) avec le célèbre jugement de Pâris, une des causes de la guerre de Troie et il nous montre aussi combien les dieux décident du sort de l’humanité sur des considérations parfois dérisoires et injustes. D’ailleurs, Achille évoque bel et bien un déterminisme humain qui est de la seule volonté de Zeus, « il y a sur le seuil du palais de Zeus, deux jarres de tous les dons qu’il nous donne, l’une de maux, l’autre de biens33 » cette allégorie de la condition humaine résume notre impossibilité à goûter et à vivre un bonheur sans mélange.
Quoi qu’il en soit, Zeus lui clame sa désapprobation et en appelle à la propre mère d’Achille, Thétis, pour lui faire entendre raison, « Dis-lui que les dieux sont mécontents de lui, que moi-même, plus que tous les immortels, je m’irrite, parce que, dans sa fureur, il retient Hector près des vaisseaux recourbés, au lieu de le rendre34 ». Achille devant l’intervention de sa mère accepte de recevoir Priam, c’est alors que l’impossible conversion du cœur d’Achille se produit lorsqu’il s’adresse au père d’Hector en ces termes : « Ah ! Malheureux, tu as, certes, souffert bien des maux en ton cœur ! (…) mais allons assieds-toi sur ce trône et nos douleurs, de toute façon, laissons-les reposer en notre âme, malgré notre affliction (…) Tel est le destin filé par les dieux aux mortels misérables : vivre affligés.35 » Ce vers, l’un des plus célèbres et des plus beaux de l’Iliade, exprime toute la dimension pathétique et tragique de l’existence humaine, le malheur et la souffrance sont inhérents à notre nature (« seuls les dieux n’ont pas de soucis36 »). Il faut donc “endurer” les épreuves de la vie, et avoir une claire conscience de son devenir de mortel. Si la conversion d’Achille est devenue possible, c’est qu’au fond de lui en son âme, pourtant maintes fois décrite comme dure et inflexible, il a compris que sa douleur, née de la perte de son ami Patrocle, n’est qu’une part de la souffrance universelle.
L’Iliade s’achève donc sur un deuil et des funérailles. Achille, épris finalement de compassion, donne la dépouille d’Hector à sa famille. Son père Priam, sa mère Hécube, son épouse Andromaque, tour à tour, le pleurent et lui rendent les derniers hommages. Il faut souligner combien la question du cadavre sans sépulture qui alimente la peine et la douleur de la famille d’Hector est primordiale. Pour les grecs de l’antiquité l’âme d’un mort sans sépulture est condamnée à errer à jamais, sans repos. L’ensevelissement du corps est donc un devoir sacré. C’est pourquoi l’attitude d’Achille, à la fois outrageante et immorale, à l’égard du défunt Hector, renforce l’idée que sa cruauté est quasiment pathologique, une sorte de symptôme d’un désespoir sans limites que la mort de Patrocle aurait provoqué chez lui. Achille peut alors représenter un archétype de la démesure humaine, dans laquelle l’ultime violence apparaît comme la seule échappatoire. Sa conversion et sa compassion sont alors d’autant plus admirables, nous serions presque tentés de dire « miraculeuses ».
Achille, finalement, trouvera une mort annoncée lorsqu’il sera touché par une flèche à son talon, seule partie vulnérable de son corps. Troie finira par tomber, ses habitants tués ou vendus comme esclaves, la ville mise à sac et détruite comme les dieux l’avaient voulu et décidé. Hélène sera rendue à son époux Ménélas, et Ulysse repartira vers sa terre natale Ithaque pour retrouver sa femme Pénélope et son fils Télémaque.
Pourtant, un temps, aussi court fut-il, des adversaires, des combattants, des ennemis ont connu une sorte de fraternité devant l’épreuve de la mort d’un être cher. Cette étrange communion, née du deuil, donne une résonance toute particulière à un poème qui a vu le jour près de deux mille neuf ans37 plus tôt, une sorte de “restauration de l’humanité38” et un éloge de la compassion.
1 L’Iliade, Homère, édition de poche GF Flammarion, 2000, pages 42.
2 Atrides, synonyme pour désigner les grecs.
3 Ibid, page 372.
4 Il faut entendre par là un noble guerrier, un archétype du monde aristocratique de la société homérique.
5 In L’univers, les dieux, les hommes, Jean-Paul Vernant, coll. Point, éd. Seuil.
6 Frère de Ménélas (l’époux d’Hélène), mari de Clytemnestre, père d’Iphigénie, d’Electre et d’Oreste.
7 Agamemnon avait enlevé Chyséis, la fille de Chrysès, qui était devenue malgré elle sa compagne de lit. En dépit des demandes répétées du père de la jeune captive, Agamemnon refusait de rendre Chryséis, la trouvant bien plus agréable que son épouse légitime. Apollon face à l’offense subie par un de ses prêtres répandit la peste parmi les Grecs pour se venger de cet affront.
8 L’Iliade, Homère, édition de poche GF Flammarion, 2000, page 31.
9 Ibid, page 62.
10 Fils de Priam, roi de Troie, frère de Pâris et de Cassandre, il est aussi l’époux d’Andromaque.
11 Ibid, pages 46-47. « ... un serpent au dos roux, effrayant, que l’Olympien lui-même envoyait au jour, s’élança de dessous l’autel et se dressa vers le platane. Il y avait là de petits moineaux (...) ils étaient huit, et la mère qui les produisit faisait neuf. Le serpent les dévora malgré leurs cris affreux ; la mère volait tout autour, pleurant ses petits, enroulé à l’arbre, le serpent l’attrapa par une aile, gémissante. Quand il eut dévoré les petits et la mère, lui, miraculeusement, fut transformé, par le dieu même qui l’avait fait apparaître : il fut transformé en pierre par le fils de Cronos à l’esprit retors (...) De même que le serpent a dévoré les petits de l’oiseau et l’oiseau lui-même, huit petits et la mère faisait neuf, de même nous, nous combattrons le même nombre d’années et la dixième, nous prendrons la ville aux larges rues (Troie) ».
12 Ibid, page 74.
13 Ibid, page 117.
14 Héra et Poséidon soutiennent les grecs, Apollon et Aphrodite se rangent aux côtés des troyens.
15 Il faut revenir au jour où la déesse Iris a jeté au milieu des invités de la cérémonie de mariage de Thétis et Pélée, une pomme d’or sur laquelle était écrit « à la plus belle ».
Trois déesses, Héra, Athéna et Aphrodite s’empressèrent de la revendiquer. Les dieux comprirent que l’attribution de cette pomme risquait de jeter la discorde dans l’Olympe, aussi renvoyèrent-ils aux hommes cette responsabilité.
Hermès confia alors au jeune et beau Pâris, fils de Priam, roi de Troie, la tâche de choisir entre ces trois déesses, la plus méritante. Héra promit à Pâris, le pouvoir, Athéna la sagesse et Aphrodite l’amour d’Hélène de Sparte, la plus belle femme du monde. Pâris fut conquis par la promesse d’Aphrodite, aussitôt ce choix déclencha l’ire des deux autres déesses qui, pour se venger, firent le vœu de provoquer la chute de Troie.
16 Autre nom pour désigner les grecs.
17 Ibid, page 248.
18 Ibid, page 203.
19 Ibid, page 266.
20 Ibid, page 267.
21 Ibid, page 307.
22 Ainsi parle Xanthur, l’un de ses chevaux : « Certes aujourd’hui encore nous te sauverons, écrasant Achille. Mais proche est le jour de ta perte », ibid, page 332.
23 Ibid, page 370.
24 Ibid, page 333.
25 Ibid, page 297.
26 Ibid, page 372.
27 Ibid, page 373.
28 Ibid, page 379.
29 Ibid, page 381.
30 Ibid, page 381.
31 Ibid, page 382.
32 Ibid, page 399.
33 Ibid, page 411.
34 Ibid, page 401.
35 Ibid, page 411.
36 Ibid, page411.
37 L’Iliade a été transcrite sur parchemin au VIème siècle av. J.-C., mais la plupart des exégètes s’accordent à dire que sa composition date de la fin du IXème ou du milieu du VIIIème siècle av. J.-C. Pour accréditer cette hypothèse, une coupe, découverte à Ischia (une île au large de Naples) a été datée de 700 av. J.-C., porte une inscription qui se réfère à la coupe de Nestor, décrite dans l’Iliade.
38 In, Homer, and the heroic tradition, Whitman C., Cambridge Mass, 1958.